L'amère qu'on voit danser (3)

Publié le par Flying Toxin

LA  VERITE  SUR  LES  FILLES  DE  MA  CLASSE

-  Opus 2  -

 

 

 

  

 

  Vous vous souvenez de ça :  http://flytoxine.over-blog.com/5-categorie-123545.html  ? Cherchez l'article  " la vérité sur les filles de ma classe "

Un suspense insoutenable vous laissait pantelant(e)s : qu'allait-il se passer mardi ?

   On est toujours dimanche, six mois après.

   Remontons au lundi d'après le vrai dimanche : Flyingtoxin, perplexe et un peu angoissé,  croise dans les couloirs la conseillère d'orientation psychologue. Il la laisse passer et se retourne -comme toujours à son passage- pour voler à la mort qui arrive à petits pas, l'image de ce cul extraordinaire du tonnerre de Zeus qui hante ses nuits. L'illumination lui advint-elle de ce balancement millénaire ? Nul ne sait , mais notre petit Flying rattrape ces fesses prodigieuses et retient par la manche leur propriétaire légale. S'ensuit une discussion où la professionnelle des maux d'esprit regarde d'un drôle d'air notre trés cher Fly et lui dit tout de go : "là, ça te dépasse, bla bla bla"  On est d'accord : conseil de guerre chez l'infirmière.

   Ceci fait, je vais revoir la petite Hélène et lui fait part de notre démarche et de notre question  "Comment Hélène sera t-elle perçue ensuite dans son collège ? " Je lui demande le temps de patienter, que nous réflechissions un peu à ce qu'il conviendrait de faire pour lui donner cette parole réclamée tout en la protégeant.

   L'infirmière avait émis l'idée d'alerter le chef d'établissement. La CoPsy et moi, ça, on n'y avait pas pensé ... Je suis donc l'ambassadeur. Là,  la chef prend le masque tout de suite, ( la sexualité n'est pas son truc peut être ? ) Bref, pas d'accord pour que la petite cause à ses camarades qui n'ont rien demandé à personne et qui risquent de se retrouver un peu choqués de ce déballage. Tiens, la CoPsy de mon coeur n'avait pas envisagé cela ? Houlà, elle prend - 20 points dans mon estime d'un coup. Mais bon devant un postérieur pareil, on fermera les yeux ... Euh, non, on les fermera pas finalement.

   Bref nous nous mettons d'accord pour demander l'avis de la classe.

   Et en se démerdant pour ne pas désigner Hélène à l'ensemble de la communauté.

  Allez hop, sondage général sur plusieurs classe avec trois questions dont la centrale "accepteriez vous d'entendre le témoignage d'une victime d'une aggression sexuelle ?"

   Les réponses sont claires : les plus grands (4eme et 3eme) sont massivement pour (98 % de oui), les plus petits (6eme et 5eme) sont plus réservés (60% de oui).

   Nous reparlons d'Hélène avec l'infirmière et la CoPsy. Nous sommes d'accord pour lui demander si elle accepterait de ne parler que devant les garçons et en présence d'un adulte qu'elle choisirait.

   Je lui pose la question. Oui, répond-elle.

   Tout de même, ça me démange : pourquoi pas de psychologue praticien ? Et sa famille ?

   Réponse : après l'aggression, elle n'a pas bien vécu la relation avec le psy rencontré; avec sa famille elle refuse de parler ( et merde ...) : ses parents sont obnubilés par le fait de connaître l'identité de son agresseur et la questionne sur cela dès que le sujet est abordé. Elle n'en sait rien et ne pourrait même pas le reconnaître.

   Je rédige mon rapport résumant tout ce qui s'est passé, tout ce qui a été fait, les résultats et la conduite à tenir proposée.

  Je me le remets à moi (normal), à Hélène et dans les banettes à courrier de l'infirmière, de la CoPsy et de la Chef d'établissement.

   Pis j'attends l'autorisation de la chef.

   Hélène aussi attends.

   On attends vachement longtemps même.

   C'est vrai que pendant ce temps, des événements qui donne du piment dans la vie des chefs se sont produit et que bon, hein... !

   Hélène vient me voir. Elle demande. Je la renvoie sur la Cheftaine : Hélène se prendra en main... et la Chef aussi.

   Au bout de quatre mois  - oui oui, quatre -  réponse de la Chef  "Je n'ai pas eu pas le rapport de monsieur Flying Toxin" 

    Ah ben merde alors ! Elle a attendu tout ce temps pour sortir cette vanne ? Je le réimprime et le retransmets.

   On est en Mai, joli mois de Mai, tout le monde va se barrer, ça sent l'enterrement de première classe...

   Hélène ! Viens par ici petite ! Dis-moi, as-tu choisi la personne que tu voudrais voir à tes côtés pendant ton témoignage ?  Oui, c'est M... la pionne. On dit Aide-éducatrice, jeune morveuse ! OK , Je monte tout le truc et je te bipe d'une force grave qui déchire ta mère quand c'est prêt (je cause le djeune dans le texte assez facilement )

   Je vais voir M... et lui cause de face (elle, c'est pas le cul, ce sont les seins qui sont bien, surtout au printemps quand les vêtements s'aèrent et libèrent ces jolis corps ... Ah que dame Nature est donc bien faîte...)

   Bref, Hélène lui a bien parlé, mais n'a pas tout dit de l'enchainement trés lent des événements. M.... est d'accord et disponible mardi, mais un peu impressionnée quand même.

   Entre temps, je vais voir l'infirmière qui me demande si sa présence serait utile. Hélène dira oui. Je ne vais voir ni la CoPsy, ni la Chef, passant d'un coup dans l'illégalité ( si les parents apprennent que leur fille a parlé de son viol devant sa classe, sans leur accord, ni l'accord du chef d'établissemnt, et qu'il s'en plaignent, je ne suis pas trés trés bien ... )

  Mardi, cours de SVT. Je rappelle aux élèves "Vous vous souvenez du témoignage sur le viol ? Aujourdh'ui ça peut se faire !   Les filles volontaires pour entendre, avec M... , les garçons avec moi et les filles qui ne désirent pas écouter "

   Il y a deux filles qui se joignent à nous. Les groupes se séparent.  J'expliquerai aux garçons ce qui s'est passé dans la tête des adultes, avec la question centrale "comment un garçon peut-il entendre un  témoignage réel de cette nature, lui qui appartient, de par son sexe, à la classe du violeur, tandis que les filles appartiennent, elles, à la classe de la victime et peuvent entrer en empathie avec elle."  Nous n'avions pas de réponse, nous avons joué la sécurité (euh, quel était le risque, je n'ai pas bien compris). Les garçons apprécient la démarche.

   On vient nous rechercher une demie heure après. Retour en classe normale. 

   Normale ? Le garçons n'y ont pas leur place, les filles ont un secret, Hélène a encore les yeux un peu mouillés.

   Bon, je redis devant tout le monde ce que je viens de dire aux garçons. L'atmosphère se détend, il y aurait un peu de compréhension dans l'air on dirait ? Fin du cours.

   M...  me dira que ça été dur au début mais que Hélène a pu dire ce qu'elle avait à dire.

 

   Juste le dernier jour, Hélène me retient dans le couloir. Elle lève les yeux, tout à fait logiquement puisqu'elle est petite et moi trés grand. Elle rougit un peu  " Monsieur, je voulais vous dire merci pour ce que vous avez fait pour moi " Elle des yeux bleus trés grands, des cheveux mi-longs qu'elle a teint joliment, des tâches de rousseur. Hélène à qui on fait le mal, je ne trouve rien à dire. Si, je trouve : " de rien "

   De rien ???  N'importe quoi Fly, comme d'hab.

  J'ai informé personne, ni CoPsy, ni Chef. Pas grave : tout le monde sait que j'oublie tout et tout le temps. Même une fois, j'ai oublié que j'avais cours alors !

   Bilan : mon chef est une personne que je respecte. Sur ce coup elle s'est trouvée prise en défaut, mais dès qu'on parle de sexualité, chacun a sa propre histoire qui résonne de façon si différente et si intîme. Il lui était demandé d'afficher publiquement quelque chose. Pas évident tout ça. Je la respecte quand même, personne n'est blanc clair ni noir foncé

  Que chacun aille sur le chemin qu'il s'est choisi.

  J'aimerai bien qu'Hélène trouve un p'tit gars qui lui réapprenne l'amour des coeurs puis des corps.

Hélène et son p'tit gars, un peu plus tard

 

  

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Publié dans En vrai

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A
Et ben...<br /> <br /> L'éduc' Naz' remonte dans mon estime et c'est tout à ton honneur.
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M
Je crois que l'on peut dire que tu as d'ors et déjà gagné ta place de parking au paradis...<br /> Elle en a eu bien du courage cette jeune fille pour aller au devant de tous ses camarades.<br /> De rien? Que voulais tu dire d'autre? Parfois, et tu le sais, les mots n'ont plus d'importance faces aux cates. Tu as agi comme il fallait que quelqu'un le fasse pour elle. Elle a vaincu dans une ccertaine mesure ses démons...<br /> Je me répète: qu'est ce que j'aurais aimé avoir avoir 15 ans, habiter en Normandie et t'avoir comme prof de SVT....
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