Questionnaire à vif

Publié le par Flying Toxin

 

A  LA  RAMASSE  COMME  D'HAB....

 

 

 

 

 

Et voilà ! Un gentil OBéistien m'avait, il y a moultes semaines, soumis un questionnaire en vingt points que je devais remplir, à charge pour moi de faire passer la chaîne.

 

Mon blog étant aussi rangé que ma maison, je ne peux rien retrouver du tout. Or me voici ce jour,  avec quelques heures devant moi, pas d'ado boutonneux pour m'empoisonner l'existence, madame qui dort, bref la vie devant soi pour, enfin, dévoiler l'inévoilable aux attentifs internautes de passage.

 

L'embêtant c'est que je suis obligé de réinventer les questions :

 

 

 

1 - Assumes-tu le fait d'avoir, ou pas, une pelouse à tondre ?

 

Non, pas très bien, j'attends toujours et après l'herbe est trop haute. Et comme il pleut beaucoup en Normandie, ça repousse vite ?

 

2 - Te souviens-tu du premier homme nu / de la première femme nue, que tu as vu(e) ?

 

Le type, non. La femme oui : je devais avoir une grosse dizaine d'années et je cherchais des scarabées dans un lit de ruisseau asséché quand mon attention aiguisée d'entomologiste amateur fut attirée par des papiers déchirés représentant des bouts de corps féminins. Nom de Dieu ! ( à l'époque j'étais déjà mécréant)  me dis-je, un miracle ! (j'étais déjà également plein de contradictions, ce en quoi je signais mon appartenance à l'humain). Bref, je me mis à fureter comme un malade dans un rayon d'une dizaine de mètres. Il ne me fallut que dix minutes pour retrouver un tas de petits bouts de papier imprimés en noir et blanc où se lisaient déjà courbes de hanches et seins divins. Mon trésor prodigieux fut ramené en cachette et autres ruses de sioux à la maison et, là, un rouleau de scotch salvateur m'aida à produire une sorte de strip tease à l'envers, au cours duquel le corps d'une blonde en papier fut reconstitué avec patience dans une atmosphère de tension sexuelle extrême. Je me souviens d'elle comme d'une initiatrice. C’était prodigieux.

 

3 - Combien de grands amours dans ta misérable petite vie mesquine et étriquée

 

Cinq

 

4 - Tu craches le morceau oui ou merde !

 

première : Solange, dix ans, la blondeur des blés. Comment décrire un amour d'enfance ? A t-on assez de mots, adulte normal, intégré dans une société technologique bardée d'impôts, de revenus et de CPE , pour traduire ces émotions si fortes, délavées par le temps, celles qui laissent une empreinte rappelant sans cesse que le temps de l'enfance, si cruel soit-il, est le temps des cerises. Le temps qui te laisse au cœur une tâche de sang, palpitant pour toujours. Quand je pense à elle je l'aime encore, je l'aimerai toujours.

 

 

 

5 - Arrête je pleure ! La suite bordel !

 

La seconde, c'est Maryse. Ah ! Aimer quand on a quinze ans, c'est aimer au-delà de toute raison. Le premier baiser, les premiers je t'aime éternels. On choisissait le nom de nos enfants à venir. On n'a jamais osé faire l'amour : on était trop jeune. Dans ce demi-monde chaotique de l'adolescence, un phare se dresse et me guide. C'est Elle ! ELLE ! Mon cartable est plein de ses pensées, les vieux airs de radio de Nostalgie me renvoie sans cesse vers elle, mes cahiers de lycéens, la vie devant nous. Nous bâtissions notre avenir incertain sur nos certitudes improbables. On apprend à être deux. On apprend aussi la rupture. Ca fait brûle comme les orties ce truc là et pendant longtemps...

 

La troisième, c'est Anna. La fin de l'adolescence. Quand on fait du mal à quelqu'un et qu'on est ado, on fait vraiment très mal et ce n'est pas  toujours facilement réparable. Elle était vraiment amoureuse et moi je jouais avec. Parfois, quand on a fait des choses moches dans sa vie et qu’on s'en souvient, on pardonne, car on comprend un tout petit peu mieux l'autre crétin qui comprend rien.

 

La quatrième c'est Michèle. Comment parler de CA ? Ca c'est le destin qui bascule, c'est un tournant de la vie qui fait qu'on se retrouve dans un ailleurs sans avoir rien compris. Tu bâtis autre chose. Mais tu sais que certaines des briques de ta maison intérieure auront toujours un goût de sang et de mort. Michèle, relation adulte profonde qui se  désarticule parce qu'on n'est pas tout à fait en phase, pas tout à fait ensemble au même endroit, au même moment. Michèle qui se tue peu après notre séparation. Comment survivre à cela ? Peut-être est-ce aussi cela, vieillir ?

 

La cinquième c'est Brigitte. Mon havre, mon port, ma femme, mon avenir à venir, mon passé recomposé. Mon histoire me menait à toi. Les méandres de mes joies et de mes souffrances me portaient dans tes bras. Entre tes mains, j'ai posé ma vie. Nous avons amené chacun nos petits bonheurs pour fabriquer notre abri côtier (ta gueule Fly, un peu, merde !). Si je n'avais pas tant rêvé, si je n'avais pas tant pleuré, si nous ne nous étions jamais autant aimés, nos enfants ne seraient pas si beaux. Voila ce que je/tu laisserons au monde : la suite à venir,  des avenirs à construire. Nous pourrons nous asseoir plus tard et regarder le temps et la rivière couler.

 

 

 

6 - As tu déjà écrit des poèmes à ta maman ?

 

Oui tout plein.

 

 

 

7 - Poésie ?

 

Grand lecteur à dix ans, je déclamais sur la terrasse du Victor Hugo à pleins poumons. Si j'ai bien compris ce qui m'a été dit, trente ans plus tard, ça faisait sourire mes parents (qui étaient quelque part assez fiers tout de même, pensez Hugo par cœur à dix ans ! mais un peu inquiets quand même : c'est normal docteur ? )

 

 

 

8 - Des trucs en cachette ?

 

Sexuels ? oui , touche pipi, docteur avec la sœur de mon meilleur copain. Quel délice !  C'est vraiment génial la pédophilie quand on a dix ans. Parce les vieilles de treize ans, hein bon !

 

Alcoolisés ?  Le pinard du grand-père de mon copain m'a dégoûté du vin pour de longues années

 

Dangereux ?  La mise à feu d'une bouteille pleine d'alcool, bouchée par un chiffon, a produit des effets spectaculaires, qui nous ont laissés, mon copain et moi, sur le cul et passablement effrayés.

 

Hors la loi : le pillage du cerisier du voisin, perché dans les branches, malheureusement interrompu par ce stupide voisin venu d'on ne sait zou. Je ne saurai jamais quel goût elles avaient ces cerises tant convoitées. 

 

Finalement, je m'aperçois que j'ai appris beaucoup de choses importantes de la vie avec mon copain Alain.

 

 

 

9 - Tu pleures ?

 

Oui quand ça fait trop mal.

 

 

 

10 - L'homosexualité ?

 

Ben quoi l'homosexualité ? Ca te dérange toi ? Moi ce qui m'a dérangé c'est le jour où deux de nos copines, homosexuelles, nous ont invités à manger et que l'une d'entre elles, de façon très officielle, nous a demandés  "ça ne vous dérange pas qu'on soit ensemble ?" Pas vraiment non ! Chacun pour soi et Dieu pour tous. Ce qui me dérange, c'est qu'elle ait été obligée de nous poser cette question. Parce que LA vraie question est celle-ci : qu’est-ce que la norme ? Et pourquoi certains d’entre nous, lorsque d’autres franchissent la norme, même sans porter tord à quiconque,  pourquoi ces personnes se sentent-elles si déstabilisées et menacées, qu’elles réagissent par le refus et la négation jusqu’à l’effacement de cet autre ?

 

 

 

11 – Canal +  pourquoi ?

 

Parce que c’était la seule chaîne qui retransmettait des matches de handball (ma passion). Pas pour le porno le premier samedi de chaque mois à minuit,  non non non !

 

 

 

12 – Le porno ?

 

C’est bien le porno : voir des sexes gigantesques pénétrer tout ce qui ressemble à un orifice avec une voix off qui pousse des cris du genre  «  oui oui plus profond » «  encore encore » « baise moi baise moi ». Et assister à des fontaines spermatiques dignes d’un quatorze juillet international est assez réjouissant.

 

Une question demeure cependant. Qu’est-ce qui est le plus moral ici et maintenant : voir des acteurs se troncher comme des malades sans trucages ou voir des acteurs tuer des dizaines de figurants avec trucages. Qu’est ce qui est le plus moral : donner à voir l’acte sexuel ou donner à voir la mise à mort,  tuer ou baiser ?

 

Réponse de la société : tuer

 

Réponse personnelle : baiser… mais je vis dans les normes pour pouvoir vivre parmi mes semblables. Donc mes enfants mâles regardent en liberté des films violents et en cachette des films pornos.

 

 

 

13 – Une couleur ?

 

Rouge. Sang et vie. Couleur des drapeaux faisant tellement trembler les puissants qu’ils ont été obligés d’inventer la télé et l’argent pour nous décerveler et oublier de réfléchir. On en est même à se dire que sans patron, une entreprise ne peut pas tourner. Les machines et les bureaux ont besoin de techniciens de cadres, d’ouvrier, pas de propriétaires non ?

 

 

 

14 – Le chômage, la précarité, l’exclusion, le CPE ?

 

Indispensables à la survie des entreprises actuelles.

 

Sans chômeurs, exclus ni précaires, où aller recruter une main d’œuvre rentable et peu revendicative ? En Roumanie ? Bon ben délocalisons !

 

Le CPE de plus, permettra aux petits chefs de baiser toutes les nouvelles et de virer illico presto celles qui sucent mal.

 

 

 

15 – Un dîner avec qui ?

 

Avec personne, un dîner c’est pour bouffer, pas pour parler la bouche pleine.

 

Pour parler la bouche pleine et boire un peu plus que de raison il faut venir dans mon jardin, lors d’une brochette partie arrosée au rosé.

 

Alors là, je choisis Lu, Giu, Marie, Rava, Nini, Mina, Martine, Francky, Jojo, Honorius, La Vieille, Morphée, Kant (s’il a une muselière) Tutti et Frutti. J’ose pas demander à Moody, d’ailleurs je sais même plus où elle est . Pis il y a la Fée qui se réveille aussi. J’oublie qui ?

 

Pour rester dans les normes justement il faut également fantasmer : alors j’invite aussi Sophie Marceau, Juliette Binoche et Marie Dubois.

 

Ah ! Et n’oubliez pas vos conjoints et amis les plus chers qu’on fasse connaissance. Prévoyez quatre  ou cinq jours en Lozère au cœur de l’hiver, le froid ça soude. Comme les brochettes au rosé.

 

 

 

16 – Une nuit avec ?

 

Sophie sans hésitation. Quoique Emmanuelle ….mmmh

 

Plusieurs années avant que Sophie n’illumine mes écrans personnels, c’était Helen l'Anglaise, l’objet de tous mes fantasmes. Avec une réserve cependant : comment on dit en anglais « oui oui c’est bon » « suce pute »  « encore encore » « tourne-toi »  « montre-moi ton cul » « ah t ’es une vraie grosse salope toi hein ». Puis peut être que les Anglaises sont bien élevées et qu’il vaut mieux leur dire « s’il vous plaît voudriez vous me laisser introduire mon sexe dans le vôtre ? »  ou bien « voulez-vous, je vous prie,  vous livrer à une fellation sur ma personne, séance tenante ? » Finalement j’ai laissé tomber Helen, ne maniant pas la langue de Shakespeare aussi bien qu’Eminem.

 

 

 

17 – Ton  métier ?

 

C’est parfois le plus beau du monde quand tu rencontres au hasard de ta route un type qui t’interpelle, te salue et te dit « vous vous souvenez de moi ? » Tu ne peux pas le renvoyer aux oubliettes du souvenir, lui qui sort du néant. Et lorsqu’il te dit « monsieur, je suis très content de vous rencontrer  car je peux vous dire que votre cours de géologie m’avait tellement passionné avec le stage que vous avez organisé, que j’en ai fait mon métier : je suis ingénieur géologue » … T’en reste sans voix et tout chose : tu te souviens de rien et là, quelque part, un truc que t’a semé au vent, les yeux fermés,  a germé.

 

Parfois ce n’est pas le plus beau métier du monde quand tu vois ton nom gravé dans les chiottes avec l’inscription  « ton fils va être noir » . J’avais dû l’énerver celui-là ! Depuis mon fils a grandi, toujours pas noir et on a rasé l’ancien collège avec ses chiottes injurieuses.

 

 

 

18 – Tout de suite là, un truc bien et un truc moche !

 

Le printemps et la mort.

 

 

 

19 -  Tes voisins ?

 

Super ! On fait des repas et des sorties. On se salue « bonjour voisin ! bonjour voisine ! »

 

Mais ça c’est la faute à ma femme : partout où elle passe, elle fédère un élan de sympathie autour d’elle qui me sidère. Moi je sais pas faire : je suis asocial. Je me demande ce qu’elle me trouve. Elle aussi d’ailleurs 

 

 

 

20 – Un dernier pour la route ?

 

Un dernier quoi ? Un dernier message papal ? Une dernière petite annonce ? Un dernier petit coup derrière la cravate ? Va pour le souhait : je ne vous souhaite pas tout le bonheur du monde parce que sinon vous allez vous ennuyer à la longue . C’est fade le bonheur sans pleurs, sans prix connu. Je vous souhaite le bonheur que vous saurez vous construire.

 

Ah ! Voilà une phrase comme je les aime : ça mange pas de pain et ça tourne bien en rond !

 

Sinon le coup de la brochette-partie, quelque part, ce doit pouvoir se faire à 75 % non ?

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Publié dans En vrai

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A
Je te remercie du commentaire sur mon blog. En fait j'étais aussi déjà venue chez toi via un commentaire que tu avais laissé chez Mina. A bientôt.
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M
Rire, rire, rire.... à gorge déployée...<br /> Je me réserve une relecture au calme, et je commente sur quelques items supplémentaires... POur l'heure je suis d'accord pour la brochette partie.. c'est quand tu veux...<br /> Tu sais l'année dernière en juin j'avais lancé une idée comme ça sur l'Atelier d'écriture que je fréquente sur internet... et bien on s'est retrouvés à une vingtaine dans mon jardin autour du barbecue... et ça a duré finalement 4 jours... c'était super, les zamis de mon petit écran venus de Suisse, de Paris, de Normandie ou d'Aix en Provence... <br /> Alors c'est quand ta grillade partie????? j'arrive !!!!!<br /> bisous, Martine, la pèlerine
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M
Bon... Il va falloir que je m'enèrve!!<br /> Je ne suis pas alcolo, j'aime boire des canons c'est tout!<br /> Je suis d'accord pour que l'on fasse des fautes d'ortographe sachant que je suis la première à faire des fautes de frappe tant je tape vite sur mon calvier!<br /> Mais n'écorchez pas : PIQUE NIQUE! Ou bien si vous êtes écorchés, c'est que c'était une nique qui pique! (??)<br /> Ok je sors, je repasse par la case prison et je ne me ressers pas de verre!<br /> PS: dîtes ça hiberne les mouches??
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Z
chui prem's sur ta liste pour le diner dis donc dis donc!!! ça fait plaiz'!!! ça veut dire tu m'aime encore même si choui po souvent la!!! <br /> milles bise fly de mon coeur! et on dine qd tu veux ;)
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N
toutes mes confuses mina (mais quand même ce mot me fait rire, c'est comme l'expression déposer une gerbe, enfin bref)<br /> sinon je t'ai pas réveillé au moins Fly avec mon com d'insomniaque :D
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